Résidence de recherche et création
Chaque année, le musée Camille Claudel et l’association Tournefou s’associent pour accueillir un artiste en résidence de recherche et création à Nogent-sur-Seine et à Pâlis. Pendant deux mois, l’artiste sélectionné élabore un travail de création original s’inspirant des collections du musée, de son histoire et du territoire de la résidence.
Les dernières années de création
Dans les années 1890, exaspérée par les critiques qui rapprochaient sans cesse son travail de celui d’Auguste Rodin, Camille Claudel a recherché une esthétique résolument personnelle et moderne. Les Croquis d’après nature sont l’aboutissement de ses réflexions. Ces œuvres de petites dimensions représentent des scènes observées dans le quotidien. Ainsi, pour Les Causeuses, elle s’est inspirée d’un groupe de femmes dans un compartiment de train. Elle travaillait de mémoire et sans modèle, selon une méthode inhabituelle pour l’époque. Elle portait une attention particulière à la justesse et à l’expressivité de chaque personnage pour dépasser la dimension anecdotique au profit de l’universel. L’impression d’instantanéité, de mouvement et de vie qui se dégage de ces scènes est frappante. Malgré l’abondance des Croquis d’après nature mentionnés par les sources de l’époque, très peu nous sont parvenus. Certains ont probablement été détruits par l’artiste dans des moments de détresse.
Œuvres exposées dans cette salle
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Chienne rongeant un os ou Chienne affamée, vers 1893, bronze, fonte A. Rudier, achat à Philippe Cressent en 2008.
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Les Bavardes ou Les Causeuses, vers 1893, plâtre (avec paravent), achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008.
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Les Bavardes ou Les Causeuses, vers 1893, bronze, paravent en marbre ou albâtre teinté, fonte E. Blot, no1, 1905, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Rêve au coin du feu, vers 1899, bronze et marbre, fonte E. Blot, vers 1905, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Profonde pensée, vers 1898, bronze et marbre, fonte E. Blot no6, vers 1905, achat à Philippe Cressent en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Profonde pensée, vers 1898, bronze, 1898, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Étude pour la tête d’Hamadryade, vers 1895, plâtre patiné, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Étude pour la tête d’Hamadryade, vers 1895, bronze, fonte E. Blot, 1908, achat avec la participation du Fonds régional d’acquisition pour les musées Champagne-Ardenne en 2006
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Persée et la Gorgone, vers 1897, marbre, pratique réalisée par François Pompon, 1902, Commande de la comtesse Arthur de Maigret pour son hôtel de la rue de Téhéran, Paris XVIIe, achat avec le soutien de l’État (Fonds national du patrimoine), et l’apport de mécénat d’entreprises en 2009.
Autour de L'Âge mûr
Cette œuvre a été conçue par Claudel au moment où elle se séparait de Rodin et on peut y voir un écho de sa vie intime. Bien qu’elles ne soient pas des portraits, les trois figures du groupe semblent ainsi évoquer Auguste Rodin s’éloignant de la jeune Camille Claudel pour rejoindre sa compagne plus âgée Rose Beuret. Cependant, la sculptrice a dépassé l’évocation de son histoire personnelle pour élaborer une œuvre universelle incarnant la condition humaine soumise au passage du temps, qui nous conduit inexorablement vers la mort. La vieille femme entraîne L’Âge mûr dans un mouvement irrépressible traduit par la composition oblique, la draperie à l’arrière et la base s’élevant en degrés successifs pour s’achever dans une forme de vague. La force de l’évocation se concentre dans le vide qui sépare les mains de la Jeunesse de celles de son ancien amant.
Œuvres exposées dans cette salle
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), L’Implorante ou Imploration, vers 1894, bronze, fonte E. Blot, grand modèle, no5, 1905, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), L’Âge mûr, vers 1890, bronze, fonte E. Blot, réduction au tiers du modèle original, n°3, 1907, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), L’Implorante ou Le Dieu envolé, vers 1895, plâtre patiné, achat avec l’aide de l’État (Fonds national du patrimoine), de la Région Grand Est (Fonds régional d’acquisition pour les musées), du Département de l’Aube, des Amis du musée Camille Claudel et de Jean-Eudes Maccagno en 2021
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Vieil aveugle chantant, vers 1894, plâtre, achat avec l’aide de la Direction régionale des Affaires culturelles et de la Région Grand-Est (Fonds régional d’acquisition pour les musées), de la Centrale EDF de Nogent-sur-Seine, de la société Gaget, du cabinet Lenoir et associés architectes, du cabinet Prieur et associés, de l’agence ANAU, de la société Roussey et de l’association des Amis du musée Camille Claudel en 2017
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Tête de vieillard, étude pour L’Âge mûr, vers 1890, bronze, fonte E. Blot, nº1, 1905, achat à Philippe Cressent en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Torse de Clotho chauve, vers 1893, bronze, fonte Valsuani, nº3/8, après 1990, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), Camille Claudel, portrait dit aux cheveux courts, vers 1884, plâtre patiné, dépôt du musée Rodin, Paris.
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), Camille Claudel au bonnet, 1884, plâtre, dépôt du musée Rodin, Paris.
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), L’Adieu, 1892, plâtre, dépôt du musée Rodin, Paris
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), La France, 1904, plâtre, dépôt du musée Rodin, Paris.
Autour de La Valse
La Valse est une oeuvre emblématique de Camille Claudel qui a connu plusieurs variantes. Dans la première version, un grand format, les danseurs étaient entièrement nus. En 1892, l’artiste a sollicité la commande d’une traduction en marbre. Armand Dayot, l’inspecteur chargé d’examiner le groupe pour le ministère, a été impressionné par sa qualité, mais, pour des raisons esthétiques et morales, il a demandé à la sculptrice d’habiller ses figures. Camille Claudel a alors exécuté une deuxième version avec une draperie s’enroulant depuis les pieds des danseurs jusqu’au-dessus de leurs têtes. Malgré l’avis favorable d’Armand Dayot, la commande du marbre n’a jamais abouti et il ne subsiste de cette étape qu’un exemplaire en bronze. Les variantes présentées ici sont plus tardives. Il s’agit d’une troisième version, de plus petites dimensions et au drapé simplifié. Ces éditions ont été produites pour le commerce et chaque tirage diffère légèrement dans les matériaux choisis et l’assemblage des danseurs.
Œuvres exposées dans cette salle
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), La Valse, 1889-1893, plâtre patiné et retouché par l’artiste avant 1896, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), La Valse, 1889-1893, plâtre signé, titré, patiné et retouché par l’artiste avant 1896, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), La Valse, 1889-1893, édition en grès flammé Émile Muller, no14, 1895, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), La Valse, 1889-1893, bronze, fonte E. Blot, grand modèle, no5, 1905, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelleen 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), La Fortune, vers 1900, bronze, fonte E. Blot, no12, 1905, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), La Sirène ou La Joueuse de flûte, vers 1905, bronze, fonte E. Blot no3, vers 1905, achat à ReineMarie Paris de La Chapelle en 2008
Camille Claudel portraitiste
Camille Claudel s’est exercée tôt à l’art du portrait en faisant poser les membres de sa famille. Son frère cadet, Paul, a été son premier modèle et celui qu’elle a le plus souvent représenté. Durant ses années de formation, elle s’est inspirée d’œuvres qu’elle étudiait, comme celles de la Renaissance italienne au musée du Louvre dont elle a repris les codes pour le Jeune Romain. Camille Claudel a réalisé une vingtaine de portraits dont seulement quatre commandes. Cet art ne constituait pas pour elle une source de revenu, contrairement à la plupart des artistes. Elle faisait preuve d’une grande originalité dans la manière de représenter le modèle et elle mêlait savamment portraits physique et psychologique, là où la plupart de ses contemporains faisaient des portraits plus idéalisés, voire standardisés. Pour ce faire, elle forçait les proportions pour gagner en expressivité et n’hésitait pas à imprimer un mouvement au modèle, qui lui donne de l’importance dans l’espace.
Œuvres exposées dans cette salle
- Jeune Romain ou Mon frère ou Paul Claudel à seize ans, vers 1884, plâtre patiné, dépôt du Département de l’Aube
- Paul Claudel à trente-sept ans, 1905, bronze, fonte P. Converset, 1912-1913, achat aux descendants du modèle avec le soutien de l’État (Fonds national du patrimoine) en 2016
- Buste de femme âgée ou Portrait de Madame Claudel, vers 1883, plâtre, dépôt d’une collection particulière
- Ferdinand de Massary, 1888, bronze, fonte Thiébaut frères, Fumière et Gavignot successeurs, 1898, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- Léon Lhermitte, 1889, bronze, fonte A. Gruet aîné, achat aux descendants du modèle avec la participation du Fonds régional d’acquisition pour les musées Champagne-Ardenne en 2010
- La Petite Châtelaine, vers 1892-1893, plâtre patiné, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- Auguste Rodin, 1888-1889, bronze, fonte F. Rudier, 1897-1898, achat à Philippe Cressent en 2008
- Jeune Femme aux yeux clos, vers 1885, bronze, fonte Delval, épreuve unique, 1987, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- Giganti, vers 1885, bronze, fonte vraisemblable Gruet, avant 1892, achat à Philippe Cressent en 2008
- Aurore, vers 1900, chef-modèle en bronze, fonte E. Blot, 1908, achat à Philippe Cressent en 2008
- Aurore, vers 1900, bronze à patine verte, Fonte E. Blot no1, 1908, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
Une vocation précoce
Le sculpteur Alfred Boucher a découvert le talent de la jeune Camille Claudel à Nogent-sur-Seine vers 1878 et lui a donné ses premières leçons de sculpture. Il a encouragé ses parents à s’installer à Paris pour qu’elle puisse suivre une formation artistique professionnelle. L’École des beaux-arts étant encore interdite aux femmes, Camille Claudel s’est inscrite à l’Académie Colarossi. En parallèle, elle a loué un atelier où Alfred Boucher lui rendait visite pour suivre son travail. En 1882, il est parti à Florence, suite à l’obtention du prix du Salon, et a confié sa jeune élève à un confrère et ami, Auguste Rodin. Frappé par son talent précoce, ce dernier lui a proposé de rejoindre son atelier en tant qu’assistante. Une période de formation intense a alors commencé, pour assimiler les concepts du maître comme la théorie des profils, la science du modelé et la traduction de l’expression. Elle y est rapidement parvenue comme le démontre Femme accroupie où elle exprime déjà sa singularité.
Œuvres exposées dans cette salle
- ALFRED BOUCHER (1850-1934), Sophie Boucher, vers 1881, bronze, piédouche en marbre, don d’Alfred Boucher, avant 1903.
- ALFRED BOUCHER (1850-1934), Julien Boucher, 1880, bronze, piédouche en marbre, don d'Alfred Boucher, avant 1903
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), La Vieille Hélène, vers 1881-1882, terre cuite, 1885, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Tête de jeune fille au chignon ou Tête de rieuse, vers 1886, terre cuite, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008.
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Tête d’esclave, vers 1887, terre crue, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Homme aux bras croisés, 1885, terre cuite, achat avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles du Grand Est, de la Région Grand Est, de l'association des Amis du musée Camille Claudel et du mécénat d'entreprises en 2017
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Tête d’enfant ou Étude pour un Bourgeois de Calais, 1887, bronze, fonte E. Blot no1, 1907, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Étude de main gauche, vers 1889, bronze, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Femme accroupie, vers 1884-1885, plâtre patiné, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), Femme accroupie, vers 1881-1882, plâtre patiné, petit modèle. dépôt du musée Rodin, Paris
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), L’Homme penché, vers 1886, bronze, fonte Delval, EA I/IV, après 1984, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Jeune Fille à la gerbe, vers 1886, bronze, fonte Coubertin no3/8, 1983, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), Frère et sœur, plâtre, dépôt du musée des Arts décoratifs, Paris
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), L’Éternel Printemps, vers 1884, plâtre patiné, dépôt du musée Rodin, Paris
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), L’Abandon, vers 1886, bronze, fonte E. Blot, petit modèle, no2, 1905, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), L’Éternelle Idole, 1889, plâtre patiné, grand modèle, dépôt du musée Rodin, Paris
L'atelier de Rodin
Traditionnellement, l’atelier désigne le lieu où l’artiste travaille avec ses assistants et exécutants qui l’aident dans sa tâche. Au XIXe siècle, les ateliers étaient très structurés et beaucoup de personnes pouvaient contribuer à la réalisation des compositions du maître. Quand les assistants réalisaient certaines parties des oeuvres, ils suivaient sa pensée et adoptaient son style. C’était l’occasion pour eux de se perfectionner, de bénéficier de conseils et d’accéder à un réseau de collectionneurs et de professionnels.
En 1864, le jeune Auguste Rodin est entré dans l’atelier d’Ernest Carrier-Belleuse. Il y a appris l’organisation d’un atelier et la répartition des tâches entre les assistants. En 1880, l’État lui a commandé La Porte de l’Enfer et a mis à sa disposition un atelier au dépôt des marbres à Paris. À son tour, il a embauché des assistants, parmi lesquels Jules Desbois, Camille Claudel et François Pompon. Puis en 1893, Antoine Bourdelle a lui aussi rejoint son atelier.
- CHARLES LOUIS AUGUSTE WEISSER (1864-1940), L’Atelier de Rodin, 1888, huile sur toile, don d’Alfred Boucher en 1913
- ANTOINE BOURDELLE (1861-1929), Buste d’Auguste Rodin au travail, 1909, bronze, fonte Godard, épreuve nº7, 1967, dépôt du musée Bourdelle, musée de la Ville de Paris
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), Femme nue debout, 1880-1889, figure créée pour La Porte de l’Enfer, plâtre, dépôt du musée des Arts décoratifs, Paris, don d’Henri Vever en 1905
- ANONYME, Saint Jean-Baptiste, vers 1889, fac-similé d’une épreuve sur papier albuminé retouchée à la gouache, Paris, musée Rodin
- STEPHEN HAWEIS (1878-1969) ET HENRY COLES, L’Homme qui marche, 1903-1904, fac-similé d’un tirage au charbon, Paris, musée Rodin
- ANONYME, Maquette de La Porte de l’Enfer en plâtre (troisième modèle architectural), vers 1881, fac-similé d’une photographie sur papier albuminé, Paris, musée Rodin
- ANONYME, Le Penseur sur un échafaudage placé devant le bâti de La Porte de l’Enfer dans l’atelier du Dépôt des marbres, vers 1882, fac-similé d’une photographie sur papier albuminé, Paris, musée Rodin
- E. FREULER, Étude du torse d’Ugolin, vers 1881, fac-similé d’une photographie sur papier albuminé retouchée à l’encre brune, Paris, musée Rodin
- ANONYME, Je suis belle en plâtre dans l’atelier du Dépôt des marbres, 1882, fac-similé d’une photographie sur papier albuminé retouchée à la plume et encre brune et à la gouache, Paris, musée Rodin
- WILLIAM ELBORNE, Rodin devant La Porte de l’Enfer se reflétant dans un miroir, 1887, fac-similé d’une photographie sur papier albuminé, album Lipscomb, Paris, musée Rodin
- EUGÈNE DRUET (1867-1916), La Porte de l’Enfer dans l’atelier du Dépôt des marbres (partie supérieure), vers 1898, fac-similé d’une épreuve gélatino-argentique, Paris, musée Rodin
- EUGÈNE DRUET (1867-1916), La Porte de l’Enfer au Pavillon de l’Alma, 1900, fac-similé d’une épreuve gélatino-argentique, Paris, musée Rodin
- EUGÈNE DRUET (1867-1916), Celle qui fut la belle Heaulmière, vers 1898, fac-similé d’une épreuve gélatino-argentique, Paris, musée Rodin
- CHARLES BODMER (1854-1929), Jean d’Aire nu dans l’atelier du 117, boulevard de Vaugirard, vers 1886, fac-similé d’une épreuve gélatinoargentique, Paris, musée Rodin
- CHARLES BODMER (1854-1929), Pierre de Wissant nu dans l’atelier du 117, boulevard de Vaugirard, maquette des Bourgeois de Calais en arrière-plan, vers 1886, fac-similé d’une épreuve gélatino-argentique, Paris, musée Rodin
- VICTOR PANNELIER, Eustache de Saint-Pierre en terre dans l’atelier du 117, boulevard de Vaugirard, vers 1886, fac-similé d’une épreuve sur papier albuminé, Paris, musée Rodin
- EUGÈNE DRUET (1867-1916), Les Bourgeois de Calais à la Folie Payen, Persée et Méduse sur la cheminée, 1898, fac-similé d’une épreuve sur papier albuminé, Paris, musée Rodin.
- EUGÈNE DRUET (1867-1916), Vue intérieure du pavillon de l’Alma, Les Bourgeois de Calais, 1900, fac-similé d’après une plaque de verre au gélatino-bromure d’argent, Paris, agence photo RMN-Grand Palais, fonds Druet-Vizzanova
- EUGÈNE DRUET (1867-1916), Étude de nu pour le Monument à Balzac, dans l’atelier de la Folie Payen, vers 1897, fac-similé d’une épreuve gélatino-argentique, Paris, musée Rodin.
- D. FREULER, La robe de chambre de Balzac en cours de moulage dans l’atelier du Dépôt des marbres, 1897, fac-similé d’une épreuve sur papier salé, Paris, musée Rodin
- EUGÈNE DRUET (1867-1916), Monument à Balzac dans l’atelier du Dépôt des marbres, vers 1897, fac-similé d’une épreuve gélatinoargentique, Paris, musée Rodin
- EDWARD STEICHEN (1879-1973), Towards the light – Midnight, 1908, fac-similé d’un tirage au charbon et platinotype, Paris, musée Rodin
- CHARLES BODMER (1854-1929), Le Poète et la Sirène en plâtre, vers 1889, fac-similé d’une épreuve sur papier albuminé retouchée à la plume et encre brune, Paris, musée Rodin
- EUGÈNE DRUET (1867-1916), Le Poète et la Sirène ou La Vague, vers 1898, plusieurs fac-similés d’une épreuve gélatino-argentique, Paris, musée Rodin
- JULES DESBOIS (1851-1935), La Misère, 1893-1894, terre cuite (terre moulée avec reprises sur la terre humide), achat en 2012
- JULES DESBOIS (1851-1935), Tête de Sisyphe, vers 1908, plâtre et socle en bois, dépôt du musée des Beaux-Arts de Tours, don famille Desbois, 1936
- FRANÇOIS POMPON (1855-1933), Cochon du Yorkshire, 1923-1930, bronze à patine verte, fonte à la cire perdue Valsuani, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Paris, legs de François Pompon en 1933
- FRANÇOIS POMPON (1855-1933), Tête de panthère mouchetée, 1921-1922, bronze à patine verte, fonte à la cire perdue Valsuani, 1928, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Paris, legs de François Pompon en 1933
- FRANÇOIS POMPON (1855-1933), Paysanne pensive (la tête dans la main gauche), 1905, plâtre, dépôt du musée d’Orsay, Paris
- ANTOINE BOURDELLE (1861-1929), Femme bras sur la tête ou Femme bras levés, en blouse, 1907, bronze, fonte Coubertin, épreuve nº6, 1990, dépôt du musée Bourdelle, musée de la Ville de Paris
- ANTOINE BOURDELLE (1861-1929), Guerrier allongé au glaive, étude pour le Monument aux combattants et défenseurs du Tarn- et-Garonne de 1870-1871 (1893-1902), 1909, bronze, fonte Susse frères, épreuve no7, 1989, dépôt du musée Bourdelle, musée de la Ville de Paris
- ANTOINE BOURDELLE (1861-1929), Masque d’Apollon, 1898-1909, bronze, fonte Susse frères, épreuve no7, 1982, dépôt du musée Bourdelle, musée de la Ville de Paris
Le corps en mouvement
La représentation du corps en mouvement a constitué un enjeu majeur du renouvellement de la sculpture à la fin du XIXe siècle. Donner l’impression d’un mouvement, par nature éphémère, est à première vue contradictoire avec l’idée de sculpture, art de la fixité et de la durée.
C’est précisément à ce défi que des sculpteurs se sont attelés en cherchant différents moyens de donner la sensation du corps en action. Cette recherche n’est pas apparue au XIXe siècle et depuis l’Antiquité, certains sculpteurs sont parvenus à animer leurs œuvres. Le groupe du Laocoon, emblématique de la sculpture grecque tardive, ou les chefs-d’oeuvre du Bernin, au XVIIe siècle, en témoignent. Mais l’invention de la chronophotographie dans les années 1870 et le renouveau de la danse à la fin du XIXe siècle ont relancé l’intérêt des artistes. Ces références ont créé une véritable émulation et initié de nombreuses recherches techniques et formelles qui témoignent d’un nouveau regard porté sur le corps dans l’espace.
Œuvres exposées dans cette salle
- ALFRED BOUCHER (1850-1934), Ballerina ou La Danseuse espagnole, 1884, bronze d’édition, réduction nº2, fonte probable Siot-Decauville, achat avec la participation du Fonds régional d’acquisition pour les musées Champagne-Ardenne en 2002
- PIERRE ROCHE (1855-1922), La Danse du papillon de Loïe Fuller, avant 1900, élément de la frise décorative courant sous la toiture du théâtre de Loïe Fuller conçu par Henri Sauvage pour l’Exposition universelle de 1900, terre cuite, dépôt du musée des Arts décoratifs, Paris, Don de Louis Massignon et sa sœur en souvenir de leur mère en 193
- PIERRE ROCHE (1855-1922), Loïe Fuller dansant dans Salomé, 1907, plâtre teinté, dépôt du musée des Arts décoratifs, Paris, don de Louis Massignon et sa sœur en souvenir de leur mère en 1931.
- JULES DESBOIS (1851-1935), La Danse, 1907, plâtre patiné, dépôt du musée du Petit Palais, musée de la Ville de Paris
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), Mouvement de danse C, 1911, plâtre, dépôt du musée Rodin, Paris, don d’Auguste Rodin
- AGATHON LÉONARD VAN WEYDEVELDT (1841-1923), Cinq des douze danseuses du surtout de table Le Jeu de l’écharpe, Commande de la Manufacture de Sèvres pour l’Exposition universelle de 1900, édition en biscuit de porcelaine dure en deuxième grandeur par la Manufacture nationale de Sèvres (à partir de 1902). Danseuse chantant nº2, 1909, achat avec la participation du Fonds régional d’acquisition pour les musées Champagne-Ardenne, 2007. Danseuse à la marguerite nº7, 1913, achat avec la participation du Fonds régional d’acquisition pour les musées ChampagneArdenne, 2007. Danseuse relevant sa jupe nº9, 1900, achat avec la participation du Fonds régional d’acquisition pour les musées ChampagneArdenne, 2008. Danseuse au tambourin à droite nº4, achat, 2014. Danseuse au tambourin à gauche nº6, achat, 2014.
- ANTOINE BOURDELLE (1861-1929), Le Jeu du voile, variante avec cactus, 1910, bronze, fonte Susse frères, épreuve nº1, 1991, dépôt du musée Bourdelle, musée de la Ville de Paris
- ANTOINE BOURDELLE (1861-1929), Projet de monument à Falcon, 1911, d’après Isadora Duncan, bronze fonte Clementi, épreuve nº2, 1968, Dépôt du musée Bourdelle, musée de la Ville de Paris
- ALFRED BOUCHER (1850-1934), Les Ondines ou Les Nymphes de la Seine, 1899, d’après la colonne centrale de la fontaine réalisée par la Manufacture nationale de Sèvres pour l’Exposition universelle de 1900, édition en grès émaillé par la Manufacture nationale de Sèvres, 1900, dépôt de la Cité de la céramique, Sèvres
- PAUL RICHER (1849-1933), La Poursuite ou La Course (groupe de trois coureurs), vers 1900, plâtre, dépôt du musée de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris
- ALFRED BOUCHER (1850-1934), Au But, 1886, bronze d’édition, réduction nº1, fonte F. Barbedienne, dépôt du musée des Beaux-Arts de Reims
Les sujets historiques
Le XIXe siècle a été le siècle de l’histoire par excellence. Dans le contexte révolutionnaire, impérial et sous la Restauration, il est apparu crucial de maîtriser le récit des événements du passé. Chaque régime politique s’est ainsi approprié l’histoire et durant les premières décennies du XIXe siècle, une réflexion sur la méthodologie des sciences historiques a été entamée.
Dans ce contexte, l’archéologie avait une importance capitale et Napoléon III a initié des chantiers de fouilles, notamment sur le site supposé d’Alésia, à Alise-Sainte-Reine en Bourgogne.
L’importance donnée à l’histoire s’est traduite dans les arts par la fondation de musées et par la production d’œuvres qui témoignent d’une recherche de véracité historique. La formation des artistes a aussi été adaptée : un cours d’histoire basé sur le costume et les mœurs antiques a été dispensé à partir de 1819 à l’École des beaux-arts puis une chaire d’histoire et une chaire d’archéologie ont été ouvertes en 1863.
- HENRI ALLOUARD (1844-1929), Héloïse ou Loin du monde, 1894, marbre gris bleuté et marbre blanc, dépôt du musée d’Orsay, Paris
- EMMANUEL FREMIET (1824-1910), Entrée triomphale de Mérovée à Châlons-sur-Marne, modèle en plâtre du haut-relief en bronze argenté ornant le médaillier de Charles Guillaume Diehl présenté à l’Exposition universelle de 1867, dépôt du musée d’Orsay, Paris
- THÉODORE RIVIÈRE (1857-1912), Charles VI et Odette de Champdivers, vers 1897, ivoire, marbre et bronze, dépôt du musée des Arts décoratifs, Paris, legs Georges Berger en 1925
- EMMANUEL FREMIET (1824-1910), Homme en costume Henri II, dépôt du musée d’Orsay, Paris
- ÉMILE LAPORTE (1858-1907), Gaulois, vers 1885, bronze, achat en 1993
- PAUL DUBOIS (1829-1905), Statue équestre de Jeanne d’Arc, 1889, bronze d’édition, fonte F. Barbedienne, réduction mécanique A. Collas, 1895, achat en 1999
- ALFRED BOUCHER (1850-1934), Jeanne d’Arc écoutant ses voix, 1907-1911, édition en réduction, bronze, marbre et granit, fonte Susse frères, achat en 1999
- ALFRED BOUCHER (1850-1934), Minerve s’armant ou S’il le faut, vers 1905, réduction en marbre blanc, achat avec la participation du Fonds régional d’acquisition pour les musées Champagne-Ardenne en 1995
Camille Claudel
Visite thématique
Après être tombée dans l’oubli pendant plusieurs décennies, Camille Claudel est aujourd’hui reconnue pour avoir été un des plus grands artistes de son temps. Comment a-t-elle commencé à modeler ? Quelle formation a-t-elle suivie, à une époque où l’École des Beaux-arts excluait les femmes ? Quels ont été ses défis, ses sources d’inspiration, ou encore ses plus grands succès ? Cette visite d’une heure replace le parcours de Camille Claudel dans son contexte historique et biographique et vous permet de découvrir la plus importante collection d’œuvres de l’artiste.
Camille Claudel, Aurore, vers 1900, bronze à patine verte © Marco Illuminati





















