Auguste Rodin
Auguste Rodin
Fonte Rudier, 1897-1898 - Caducée du Mercure de France gravé sous la signature C. Claudel
Pour l’unique portrait qu’elle a sculpté d’Auguste Rodin, Camille Claudel a adopté un style proche des œuvres de son aîné si bien qu’on le qualifie parfois « d’autoportrait par procuration ». La sculptrice a ainsi accentué le modelé pour accroître l’expressivité du visage, concentrant toute l’énergie dans le regard qui incarne la puissance créatrice du sculpteur. Extrêmement creusée, la barbe semble se transformer en rocher en partie basse, dans un motif plastique qui s’émancipe des conventions de la représentation. Cette liberté formelle est emblématique du style personnel de Claudel et évoque le traitement des chevelures dans d’autres compositions de sa main. C’est aussi l’une des images les plus saisissantes du maître qui a d’ailleurs souvent choisi ce buste pour le représenter dans ses expositions personnelles. Cet exemplaire compte parmi ceux qui ont été commandés à l’artiste par la revue Mercure de France. Or, on sait par sa correspondance que Claudel était contractuellement chargée d’en exécuter la ciselure. On y relève une manière très brute dans les coups de burin formant des sillons sur les tempes et le haut des joues pour donner encore plus de mouvement aux cheveux et à la barbe
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Hors-d’œuvre
Un jeudi par mois, profitez de votre pause déjeuner pour découvrir en vingt minutes une œuvre, un artiste ou une thématique avec un médiateur du musée. Puis, rendez-vous à l'auditorium pour un déjeuner partagé !
Visite d’une vingtaine de minutes autour d'un thème. Après la visite, nous vous accueillons à l’auditorium du musée pour prolonger la discussion. Apportez votre repas froid, le café est offert.
Tarif : 4,50 €
Célina
Célina
Lucienne Gillet expose Célina au Salon de la Société nationale des beaux-arts en 1902. Pour ce buste qui pourrait être le portrait de sa sœur, l’artiste fait le choix du portrait intimiste, où les traits délicats expriment le caractère simple du modèle. Le regard de cette jeune fille interpelle les visiteurs. Les lèvres de la bouche légèrement entrouverte semblent animer son visage.
On connaît peu de chose sur la sculptrice Lucienne Gillet. Ce manque d’informations témoigne de l’oubli des femmes artistes et notamment des sculptrices qui ont travaillé dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Pourtant les livrets des Salons attestent de l’augmentation du nombre de femmes artistes à cette période, en particulier dans les sections objets d’art et dessin. L’exemple de Camille Claudel et des artistes avec qui elle partageait son atelier rue Notre-Dame des Champs à Paris témoigne de cet engouement de jeunes femmes pour une carrière artistique.
Le buste a été acheté et offert au musée de Nogent-sur-Seine par le baron Alphonse de Rothschild. Très philanthropes, le Baron et la Baronne de Rothschild ont soutenu par leurs achats au Salon de jeune artistes, femmes ou hommes, ainsi que les musées de province auxquels ils ont offert les œuvres acquises. Camille Claudel a bénéficié de cette générosité, puisque certaines de ses sculptures sont entrées dans les collections publiques par l’intermédiaire de ces mécènes (musées de Châteauroux, Avignon, Clermont-Ferrand etc.).
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À la terre
À la terre
Au musée, la salle dédiée à la représentation des travailleurs atteste de l’intérêt des sculpteurs pour ce thème à la fin du XIXe siècle. C’est là que se trouve À la terre, sculpture en plâtre d’Alfred Boucher représentant un terrassier penché, concentré sur sa tâche, fixant la terre qu’il soulève avec une pelle au manche légèrement courbé. Ces ouvriers étaient alors nombreux dans les rues pour participer aux travaux d’urbanisme.
Aucun visiteur ne reste indifférent à cette sculpture imposante par sa taille. Le corps de ce travailleur impressionne les enfants qui avancent les hypothèses les plus saugrenues pour expliquer son étonnante nudité. Mais non, l’homme n’est pas pauvre, il n’a pas trop chaud et les habits existaient bien à cette époque ! Alfred Boucher a choisi le nu afin de mettre en avant la musculature de ce corps. Les veines saillantes attirent l’attention sur l’effort fourni. D’autres détails accentuent cette robustesse : le visage hiératique ne trahit pas l’effort et semble montrer que rien ne détournera l’homme de sa besogne, l’arrière des genoux ainsi que les mollets sont frappants de précision. Le sculpteur rend ainsi hommage à l’ensemble des travailleurs, tout en montrant sa parfaite maîtrise de l’anatomie acquise à l’école des beaux-arts de Paris.
À la terre a été exposé au Salon des artistes français de 1891, remportant alors une médaille d’honneur et bénéficiant de critiques pour la plupart élogieuses. Ce succès valut à la sculpture une édition en bronze un peu différente : destinée aux intérieurs bourgeois, une ceinture cache pudiquement les parties intimes du terrassier. Le tronc, destiné à renforcer la sculpture en plâtre, est absent de cette édition.
Alfred Boucher a réutilisé la figure du terrassier pour un bas-relief destiné au piédestal du monument en hommage à Eugène Flachat. Torse nu, l’ouvrier est alors plus crédible en pantalon et sabots pour témoigner de son rôle indissociable de celui de l’ingénieur.
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Week-end d'ouverture
Week-end d'ouverture
Samedi 13 septembre
16h30 Projection du documentaire Camille Claudel, sculpter pour exister au cinéma Lumière de Nogent-sur-Seine, suivie d’une discussion avec la productrice, la réalisatrice et la conseillère scientifique du film.
- Gratuit
- Durée : 1h30
- Réservation auprès du cinéma Lumière au 03 25 39 09 29
Dimanche 14 septembre
15h Visite guidée de l’exposition Au temps de Camille Claudel, être sculptrice à Paris
- Tarif : 4 € en plus du billet d’entrée au musée
- Durée : 1h
Photo : William Elborne, Camille Claudel et Jessie Lipscomb dans leur atelier du 117, rue Notre-Dame-des-Champs, vers 1887, photographie, inv. Ph.1773, Paris, musée Rodin


Cette exposition, proposée en partenariat avec le musée des Beaux-arts de Tours et le musée de Pont-Aven, a reçu le label « Exposition d'intérêt national » du ministère de la Culture.
Informations pratiques
Lieu : Horaires & Tarifs : BilletterieL’Implorante ou Le Dieu envolé
L’Implorante ou Le Dieu envolé
Ce plâtre patiné est un jalon dans l’élaboration de L’ Âge mûr, situé entre Le Dieu envolé attesté en 1894 (aujourd’hui perdu) et L’Implorante du groupe exposé en 1899. On y reconnaît le traitement subtil de l’anatomie de l’œuvre finale, les os et les tendons saillants, le ventre arrondi, mais les formes sont plus douces. Le très beau mouvement de L’Implorante est déjà trouvé : le genou droit est avancé et la torsion du corps se prolonge dans l’inclinaison de la tête. Cependant, le torse est encore droit, les bras tendus à la verticale. Claudel n’a pas encore incliné sa figure pour l’intégrer dans la diagonale qui structure le groupe. Malheureusement lacunaires en raison des dégradations subies par l’œuvre avant sa redécouverte en 1986, les mèches de cheveux s’enroulant autour du bras évoquent les chevelures fantastiques d’autres œuvres de l’artiste, Clotho, La Petite Châtelaine de Roubaix ou Tête d’Hamadryade.
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Hauts en couleur
Happy Hour
Avec Le Souffle des Champs (La Louptière-Thénard)
Surnommé l’or jaune, le safran dévoile toute sa magie à la cuisson. La sculpture sait, elle aussi, jouer avec les couleurs : du bronze doré aux nuances vert-bleu, admirez quelques œuvres polychromes le temps d’une courte visite. Puis, rendez-vous à l’auditorium pour savourer les créations safranées du producteur aubois Le Souffle des Champs.
Informations pratiques
Lieu : Horaires & Tarifs :Alfred Boucher, de l'atelier au musée
Visite commentée
Qui était Alfred Boucher ? Pourquoi a-t-il rencontré un grand succès en son temps ? Quelles œuvres a-t-il collectionnées ? Cette visite entraîne les participants à la (re)découverte de ce sculpteur majeur du XIXᵉ siècle et de sa collection personnelle, à l’origine du premier musée de Nogent-sur-Seine.
© Atelier JBL
Informations pratiques
Lieu :10 rue Gustave Flaubert
10400 Nogent-sur-Seine
Durée : 1h
Tarif : 4 € par participant en plus du billet d'entrée
Réservation conseillée :
03 25 24 76 34
Petite Enfance
Vous êtes une structure dédiée à la Petite Enfance ou une famille avec des tout-petits et vous souhaitez venir au musée Camille Claudel ?
Des visites guidées adaptées pour les plus petits vous sont proposées tout au long de l’année, sur réservation pour les groupes et depuis l’agenda du musée pour les publics individuels.
Pour votre confort, les poussettes et les porte-bébés sont autorisés dans toutes les salles du musée. Des poussettes-cannes peuvent également être prêtées sur demande à l’accueil.
Des ascenseurs vous permettent d’accéder aux différents étages.
Des tables à langer sont disponibles aux niveaux -1 et +2.
Première Pensée d'amour
Première Pensée d'amour
Une adolescente au corps gracile observe un couple de colombes représenté à ses pieds. Son attitude et son expression pensives font écho au titre de l’œuvre pour suggérer que les animaux reflètent les premiers émois de la jeune fille. La présence des animaux mais aussi celle des fleurs, soigneusement représentées sur la terrasse et en couronne dans les cheveux, créent une proximité avec la nature qui contribue à placer les sentiments de la jeune fille dans le registre de l’innocence. La pose et le drapé roulé sur les hanches reprennent les codes néoclassiques, mais ceux-ci sont vidés de leur référence mythologique. La grâce et la délicatesse de la figure rappellent en particulier les sculptures d’Antonio Canova. Marius Ramus a perpétué le style néoclassique tard au XIXe siècle, y compris à la fin de sa carrière alors qu’il était installé à Nogent-sur-Seine, ville d’origine de son épouse. Il a joué un rôle essentiel dans la création d’une lignée de sculpteurs nogentais ; il a notamment été à l’origine de la vocation du jeune Alfred Boucher qu’il a pris sous son aile avant qu’il ne parte se former à Paris.










