Hirondelle blessée

Hirondelle blessée Hirondelle blessée Hirondelle blessée

Hirondelle blessée

1898 H. 69 cm • l. 35 cm • Pr. 26 cm Origine : Achat avec la participation du FRAM Champagne-Ardenne en 1997 N° d'inventaire : 1997.3 Copyright : musée Camille Claudel / Marco Illuminati


Œuvre non exposée

Hirondelle blessée représente une jeune femme ailée, assise sur un rocher, qui tient sa cheville gauche. Le buste cambré ainsi que le regard tourné sur le côté exercent une torsion du corps qui flatte l’anatomie de la jeune femme. Alfred Boucher a réalisé un certain nombre de variations autour de cette figure, que l’on retrouve sous différents titres, en différents formats et matériaux. Il a produit avec Hirondelle blessée une allégorie sentimentale justifiant la représentation d’un nu féminin idéalisé. Souvent associée au printemps et à l’idée de renouvellement, sa femme hirondelle se présente vulnérable au regard des hommes. Une version en marbre de l’œuvre a été exposée au Salon de 1898 où elle a connu un immense succès. Le fondeur Susse en a édité deux versions en bronze : l’une montre l’allégorie assise sur un rocher, la seconde la montre assise sur un socle parallélépipédique.

Cette sculpture s’inscrit dans une série de nus délicats, sensuels mais sages, dont Boucher s’était fait une spécialité. Au XIXe siècle, l’enseignement à l’Ecole des beaux-arts offrait une place importante à la représentation du nu idéalisé. La pose tend à rappeler les photographies de modèles destinées aux artistes et donne au nu une dimension sensuelle. Le corps parfait de la jeune femme reflète le bon goût qui caractérise la sculpture décorative que la bourgeoisie aimait avoir dans son intérieur.

Pointe de flèche

Pointe de flèche Pointe de flèche Pointe de flèche

Pointe de flèche

L. 2 cm • l. 2 cm • E. 0,4 cm Origine : Fouilles de sauvetage 1970-1971 N° d'inventaire : 2013.0.18.6.33.10 Copyright : Musée Camille Claudel / Jacques Piette


Objet non exposé

Cette petite pointe de flèche a été mise au jour sur le site de Barbuise-Courtavant, identifié comme un camp retranché du Néolithique moyen (-3500/-3000), c’est-à-dire une zone d’habitat protégée par des fossés et des palissades en bois. L’abondance du mobilier lithique retrouvé (ensemble des artefacts en pierre) a permis de formuler l’hypothèse de la présence d’un atelier de taille du silex. Le matériau utilisé est un silex noir, caractéristique du Nogentais, qui est devenu blanc avec le temps.

Cette pointe de flèche est l’unique pièce d’armement trouvée sur ce site. Elle était fixée sur une hampe en bois qui s’est décomposée avec le temps. Le reste du mobilier est essentiellement composé d’outils sur éclats divers. Les sociétés préhistoriques fabriquant les outils et les armes dont ils avaient besoin, hommes et femmes devaient maîtriser différentes techniques de taille. Dans le cas présent, réaliser cette flèche mesurant moins de 2 cm nécessitait une certaine expérience. Elle a été façonnée par enlèvement de minces couches de matière, afin d’obtenir un objet très fin.

Au Néolithique, l’arc et la flèche servaient essentiellement à la chasse et, si nécessaire, à la guerre. Sur le site de Barbuise, plus de 400 restes d’animaux ont été mis au jour. Les animaux domestiques comme le bœuf et le porc sont les animaux les plus représentés, cependant, la présence de restes de cerf, de chevreuil et peut-être même de sanglier indiquent que la chasse demeurait une source complémentaire de nourriture.

Les aventures de Mouseîon

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Gaulois

Gaulois Gaulois Gaulois

Gaulois

vers 1885 H. 83 cm • L. 31 cm • Pr. 27 cm Origine : Achat en 1993 N° d'inventaire : 1993.2 Copyright : musée Camille Claudel / Yves Bourel


Le Gaulois d’Emile Laporte s’inscrit dans un contexte de profusion de figures de Gaulois en sculpture mais également en peinture, à la fin du XIXe siècle. Le sculpteur utilise l’iconographie propre à la représentation des Gaulois à cette époque : il dote son personnage d’une chevelure abondante, d’une moustache tombante et d’un casque à ailes. Cette image est en partie issue des textes antiques traitant de Vercingétorix et des Gaulois, et plus particulièrement La Guerre des Gaules de César. L’équipement de ce personnage reflète aussi les dernières découvertes archéologiques effectuées sur le territoire, en mélangeant des objets datant d’époques très éloignées dans le temps. Il est armé d’une épée à antennes de l’âge du fer, d’une hache en pierre polie néolithique et d’un casque à crête de l’âge du bronze doté d'ailes fantaisistes. Les chausses souples et moulantes sont de type médiéval. Le succès de l’œuvre reflète la celtomanie qui touche l’Europe depuis la fin du XVIIIe siècle. A cette époque les Gaulois ne sont que les héros disparus d’une histoire lointaine, dont il reste peu de traces visibles. Presque un siècle plus tard, afin de mieux connaître ce passé, Napoléon III entreprend des fouilles à Alise-Sainte-Reine, en Bourgogne, sur le site supposé d'Alésia, dont les découvertes sont exposées au nouveau musée des Antiquités nationales à Saint-Germain-en-Laye.

Grâce aux travaux des historiens, les Gaulois accèdent à une immense popularité vers le milieu du XIXe  siècle, tandis qu’avec son Histoire des Gaulois, Amédée Thierry impose Vercingétorix comme un combattant de la liberté, premier des grands hommes, en somme, de la nation française. Dans cet esprit, Laporte reste fidèle à la représentation classique de la figure du héros, en représentant son Gaulois dans une pose victorieuse.

Le musée vient à vous

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Le Poète et la Sirène

Le Poète et la Sirène Le Poète et la Sirène

Le Poète et la Sirène

1903 H. 235 cm • L. 220 cm • Pr. 120 cm Origine : Don Emmanuel Hannaux, vers 1906 N° d'inventaire : 1906.14 Copyright : musée Camille Claudel / Marco Illuminati


Le musée Camille Claudel possède le plâtre modèle de la sculpture Le Poète et la Sirène d’Emmanuel Hannaux. L’exemplaire en marbre a été exposé en 1903 au Salon des artistes français. La critique fut élogieuse. Cette sculpture obtint une médaille d’honneur.

Aujourd’hui, au musée Camille Claudel, elle continue d’émerveiller les visiteurs. Les adultes sont envoûtés par le dos et la cambrure de la créature féminine. Les enfants l’observent avec curiosité. D’abord ils voient deux amoureux qui s’aiment et se repoussent. La femme agoniserait-elle dans les bras de l’homme ? L’homme tenterait-il d’assommer la femme avec l’objet qu’il tient ?

Cet objet est une lyre. Des jambes très arrondies de la femme naissent des boursouflures. Car chaque jambe se transforme en queue. C’est une sirène, créature qui est en effet quelquefois représentée avec deux queues de poisson. Et qui est l’homme ? Grâce à la lyre, les plus perspicaces, férus de mythologie, identifient Orphée le poète et musicien, qui accompagna Jason et les Argonautes pour s’emparer de la Toison d’or. Le musicien se révéla alors d’une aide précieuse grâce à son pouvoir d’enchanter les êtres les plus dangereux. Il étouffa le chant des sirènes de sa musique si claire et vibrante que les marins échappèrent à leur sort funeste. Dans cette sculpture, Orphée éloigne sa lyre de la sirène : cet instrument est précieux. Il ferme les yeux pour ne pas être tenté.

Visiteurs, lorsque vous viendrez au musée Camille Claudel, observez la sculpture de chaque point de vue possible et admirez l’ultime tentative de séduction d’une sirène, que chaque homme n’a pas toujours su vaincre ! Approchez-vous sans crainte pour voir émerger du socle une des nageoires caudales de la sirène.

Dépôt de Périgny-la-Rose. Bracelet de type rubané

Dépôt de Périgny-la-Rose. Bracelet de type rubané

Dépôt de Périgny-la-Rose. Bracelet de type rubané

Entre 620 et 550 avant notre ère L. 6,7 cm • l. 5,8 cm • H. 3,9 cm Origine : Fouilles suite à une découverte fortuite en 1981 N° d'inventaire : 2013.0.19.14 Copyright : musée Camille Claudel / Adrien Moreau


Objet non exposé

Ce bracelet fait partie d’un lot de 121 objets en bronze mis au jour en 1981 par une fouille organisée suite à la découverte fortuite d’un agriculteur de Périgny-la-Rose. On a pu déterminer que ces objets avaient été placés dans un vase puis enfouis dans la terre. Ce lot a été interprété comme un dépôt de bronzier – une cachette permettant à un artisan de conserver des objets en métal en vue de leur refonte. En effet, si la majeure partie des objets trouvés sont des éléments de parure (bracelets, agrafes de ceintures, perles), d’autres sont clairement des matériaux bruts (coulures et fragments de lingots de bronze).

Le dépôt de Périgny-la-Rose a été daté du Hallstatt moyen à final, c’est-à-dire le début de l’Âge du Fer dans nos contrées, entre le VIIe et le VIe siècle avant notre ère. Les différents objets qui le composent sont caractéristiques des ateliers du Centre-Est et de l’Est de la France. Ils témoignent des réseaux de commerce et d’échanges déjà présents dans la région à cette époque. Le bracelet présenté ici a une forme de ruban ouvert, ses extrémités sont terminées par des tampons. Il comporte un décor gravé qui est aujourd’hui peu visible, composé de deux rangées de triangles hachurés disposés symétriquement de part et d’autre d’un sillon médian. Les bords du bracelet sont également soulignés par un sillon parallèle à ceux-ci.

Les parures constituaient des éléments centraux dans les sociétés de cette période. Portées aussi bien par les hommes que par les femmes, elles pouvaient atteindre des dimensions très importantes car le bronze était employé comme valeur d'échange dans une société où les monnaies n'avaient pas encore cours. Il était ainsi possible d’accumuler une certaine quantité de métal et de le transporter avec soi. La parure pouvait aussi être un symbole de pouvoir économique, politique ou religieux.

Cochon du Yorkshire

Cochon du Yorkshire

Cochon du Yorkshire

1923-1930 H. 12 cm • L. 6 cm • Pr. 16 cm Origine : Legs de François Pompon à l'État français en 1933 ; dépôt du Muséum national d'histoire naturelle, Paris N° d'inventaire : 3453 (16) Copyright : Musée des Beaux-Arts de Dijon / François Jay

Fonte à la cire perdue C. Valsuani


Un cochon, fût-il en bronze, voilà qui n'est pas commun dans un musée. François Pompon a sculpté de nombreux animaux, dont le plus célèbre est son fier Ours blanc (1922). Les sculpteurs animaliers ont souvent privilégié les bêtes majestueuses et triomphantes... Bien loin de ce paisible cochon de taille modeste, au corps ramassé et aux yeux rusés, le groin légèrement retroussé et la queue tire-bouchonnée. Le titre précise que c'est un spécimen du Yorkshire, mais la simplification des formes évoque l'idée du cochon plutôt qu'une espèce particulière.

Si François Pompon se consacre presque exclusivement à la représentation des animaux à partir de 1905, il a auparavant passé des heures à sculpter des corps humains, en tant que praticien puis chef de l'atelier d'Auguste Rodin. Il y a appris l'art de l'observation, l'importance de la lumière sur le rendu des volumes et la manière de traduire le mouvement, qu'il applique ensuite à la sculpture animalière. Mais il abandonne le style expressionniste de Rodin au profit d'une douceur épurée et silencieuse. Il était connu pour arpenter les allées de la ménagerie du Jardin des Plantes, à Paris, avec un établi mobile qu'il portait à l'épaule. Après avoir modelé l'animal sur le vif de manière réaliste, il retirait les détails pour ne garder que l'essentiel de la forme, cherchant la synthèse entre simplification du volume et force d'expression.

François Pompon et Camille Claudel ont travaillé ensemble dans l’atelier d’Auguste Rodin. Des années après, ils ont à nouveau collaboré. En effet, en 1902, Pompon a mis son habileté technique au service de l’œuvre de sa consœur en taillant le marbre de Persée et la Gorgone.

Paysanne reprisant

Paysanne reprisant

Paysanne reprisant

Vers 1900 H. 130 cm • L. 69 cm • Pr. 49 cm Origine : Dépôt du musée des Arts décoratifs, Paris N° d'inventaire : 29155 Copyright : Les Arts décoratifs, Paris / Jean Tholance


Paysanne reprisant est une sculpture en bronze conçue par Ernest Nivet vers 1900. Fils d’ouvriers agricoles, Ernest Nivet connaît de l’intérieur le monde paysan qu’il décrit dans ses œuvres. Il participe lui-même aux travaux des champs pendant son enfance et il prend pour modèle ses proches, famille et amis, lorsqu’il commence la sculpture.

La figure de Paysanne reprisant est caractéristique de son œuvre et de son style : cette femme silencieuse, absorbée dans sa tâche, est traitée avec naturalisme, sans idéalisation, ni misérabilisme. Le costume, finement décrit, reste épuré : il est traité en grands aplats, et ses lignes simples structurent la figure. Le corps est bien sensible sous le tissu et confère une présence tangible au personnage. Le visage baissé, les mains concentrées dans le travail donnent à cette femme une profonde vie intérieure. C’est là la devise de Nivet : « Exprimer le plus possible dans le moins possible ».

La société bourgeoise de la fin du XIXe siècle valorise le monde paysan nourricier, la valeur du travail, et redécouvre les traditions locales avec le développement du folklore. Dans ce contexte, Ernest Nivet connaît un grand succès avec ses figures paysannes laborieuses, sans pourtant jamais céder au pittoresque. Ses personnages, énigmatiques, gardent toujours une part de mystère et sont représentés avec une profonde dignité.

Jeanne d'Arc écoutant ses voix

Jeanne d'Arc écoutant ses voix

Jeanne d'Arc écoutant ses voix

après 1911 H. 41 cm • L. 18,3 cm • Pr. 21 cm Origine : Achat 1999 N° d'inventaire : 1999.3 Copyright : musée Camille Claudel / Marco Illuminati

Fonte Susse frères


Alors que Jeanne d’Arc est habituellement figurée en guerrière ou en bergère, Alfred Boucher la représente ici captive, assise sur un banc, le pied gauche enchaîné par des fers à peine visibles. L’artiste fait un choix iconographique rare. En campant l’héroïne emprisonnée, seule dans sa cellule, il évoque la trahison d’un roi qui l’a abandonnée.

La pucelle d’Orléans est représentée en toute simplicité, vêtue d’une simple robe qui évoque la tunique de toile soufrée qu’elle portera sur le bûcher, et dans une position d’attente, les jambes croisées et les deux mains jointes juste en dessous du genou droit. L’expression du visage montre la forte personnalité de la jeune femme, absorbée dans ses rêveries ou écoutant ses voix, faisant face à son destin.

Boucher présente une version en plâtre au salon de 1911 et un marbre à celui de 1912 sous le titre Rêverie. L’exemplaire du musée est une réduction éditée par le bronzier Susse qui allie le bronze, le marbre et le granit pour le socle. Sa polychromie en fait une statuette précieuse, rare dans la production d’Alfred Boucher, mais correspondant parfaitement au goût de l’époque. Cette figure s’inscrit dans la longue série des statuettes dédiées à Jeanne d’Arc dans les années qui précèdent sa canonisation en 1920.