Pointes à retouches bifaciales

Pointes à retouches bifaciales Pointes à retouches bifaciales

Pointes à retouches bifaciales

Entre 6000 et 2200 avant notre ère Origine : Prospections pédestres à Fouchères N° d'inventaire : 2013.0.02.39 Copyright : Musée Camille Claudel


Cet ensemble de 25 silex taillés provient d’un site localisé aux abords de Fouchères, hameau de la commune de Chalautre-la-Grande. Plusieurs centaines de pièces ont été recueillies dans une vaste zone à la frontière de l’Aube et de la Seine-et-Marne (Louan, Courtioux, Fouchères, Resson, Puits Jolly et Liours) dans les années soixante par le Groupe archéologique du Nogentais. Cette zone aurait été particulièrement riche en silex, favorisant ainsi une production soutenue au cours du Néolithique (-6000/-2200).

Ces silex de petites dimensions (7cm de long pour les plus grands) présentent des retouches bifaciales, c’est-à-dire qu’ils ont été taillés sur leurs deux faces alternativement, de manière à obtenir un ou plusieurs côtés tranchants. Les retouches de ce type sont quelquefois interprétées comme la manifestation d’une recherche esthétique par certains préhistoriens. En effet, un tel degré de précision n’était pas nécessaire d’un point de vue fonctionnel. Ces petits objets étaient probablement des outils mais leur fonction précise reste difficile à déterminer.

Il est intéressant de noter que certaines pièces rappellent les bifaces du Moustérien (-350 000/-35 000) par leur forme en amande. En effet, le site de Fouchères a aussi livré des vestiges datant de cette période, ce qui prouve l’utilisation de ce gisement sur le temps long.

Aurore

Aurore Aurore

Aurore

vers 1900 H. 32 cm • L. 27 cm • Pr. 31 cm Origine : Achat à Reine-Marie Paris en 2008 N° d'inventaire : 2010.1.13 Copyright : musée Camille Claudel / Marco Illuminati

Fonte E. Blot no1, 1908


Cette petite fille, au regard tourné vers le ciel et à la chevelure détachée est la dernière interprétation que donne Camille Claudel du buste de La Petite Châtelaine réalisée vers 1882. En effet, elle reprend souvent ses compositions et propose des variations, notamment sur le travail de la chevelure. Ces reprises témoignent de sa modernité et peuvent être rapprochées de la pratique d’Auguste Rodin. Avec ce buste, l’artiste s’inscrit stylistiquement dans le courant Art nouveau en ce début de XXe siècle : le visage présente un modelé lisse et ferme et des contours bien dessinés ; quant à la chevelure abondante, elle est formée de magnifiques courbes.

En accentuant le caractère universel et allégorique de ce buste par un traitement esthétique des traits, Camille Claudel affirme son appartenance à la sphère des artistes symbolistes à une période où elle souhaite se détacher de l’art et de l’influence d’Auguste Rodin. Symbole de pureté, Aurore lève ses yeux animés de la lueur des premiers rayons du soleil, signe de renouveau et d’espoir. Cette œuvre intemporelle interpelle quiconque l’admire.

Le fondeur et éditeur Eugène Blot acquiert le plâtre d’Aurore et, à partir de 1908, il en édite six exemplaires en bronze. Au musée Camille Claudel sont présentés le chef-modèle en bronze qui a servi à reproduire l’œuvre et une version en bronze avec une patine vert d'eau très particulière.

Loin du monde

Loin du monde Loin du monde

Loin du monde

1894 H. 195 cm • L. 70 cm • Pr. 84 cm Origine : Dépôt du musée d’Orsay en 2005 N° d'inventaire : RF1040 Copyright : musée Camille Claudel / Yves Bourel

Héloïse (1101-1164), femme de lettres, épouse d’Abélard et première abbesse du Paraclet.


Cette grande silhouette solennelle et silencieuse, drapée de marbre gris bleuté, semble retranchée en elle-même. Elle évoque Héloïse (vers 1092-1164), une intellectuelle, poétesse et chansonnière qui fut l'une des femmes les plus brillantes de son temps. Elle a formé, avec le non moins célèbre philosophe Abélard, un couple mythique dont les amours ont été transmis à la postérité par leur correspondance et par le récit d'Abélard, Histoire de mes malheurs (vers 1132). D'abord élève et maître, Héloïse et Abélard sont rapidement devenus amants. Leur histoire rocambolesque est ponctuée de séparations forcées, d'enlèvements, de fuites, d'accouchement secret jusqu'à la terrible émasculation d'Abélard. Ils entrent alors tous deux dans les ordres et entament une correspondance. Héloïse devient en 1130 la première abbesse du Paraclet, à quelques kilomètres de Nogent-sur-Seine. Elle fera de cette abbaye un centre intellectuel hors pair avant d'y être inhumée, en 1164 avec Abélard qui y reposait depuis 1144. En 1819, leurs cendres ont été transférées au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Si l'histoire des amants est célèbre dès le XIIIe siècle, elle connaît un succès considérable à partir de la fin du XVIIIe siècle. De nombreux artistes représentent les amants enlacés, ou éplorés à la lecture d'une lettre de l'absent. Ici, Allouard propose une interprétation austère. Il représente l'abbesse profondément plongée dans ses rêveries, un livre de prière à la main, sans que l'on puisse dire cependant si elle est tournée vers des pensées spirituelles ou plus charnelles. Pendant des années, cette sculpture était présentée à l'extérieur. Les intempéries ont érodé le marbre, faisant saillir les veines de la pierre, ce qui accentue les reliefs du tissu aux lourds plis tombants et lui confère un aspect moiré, aussi réussi qu’involontaire.

Homme aux bras croisés

Homme aux bras croisés Homme aux bras croisés Homme aux bras croisés

Homme aux bras croisés

1885 H. 10 cm • L. 9,5 cm • Pr. 8 cm Origine : Acquisition en 2017 avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles du Grand Est, de la région Grand Est, de l'association des Amis du musée Camille Claudel et du mécénat d'entreprises N° d'inventaire : 2017.1.1 Copyright : Artcurial / Christian Moutarde

Entreprises mécènes : centrale EDF de Nogent-sur-Seine, société Gaget, cabinet Lenoir et associés architectes, cabinet Prieur et associés, agence ANAU, société Roussey


L'Homme aux bras croisés est l'une des très rares ébauches en terre cuite de Camille Claudel qui nous soient parvenues. Elle n’est pas associée à une œuvre achevée et n'a pas été documentée du vivant de l'artiste. Malgré ses petites dimensions, elle est d'une grande puissance expressive et Claudel lui a donné une forte présence avec une grande économie de moyens. Le modelé est ferme et le geste des bras croisés est très puissant en dépit de leur caractère esquissé.

En regardant dans le détail, on imagine l'artiste au travail, les outils à la main. On distingue nettement les traces laissées par l’ébauchoir et la gradine, particulièrement nettes sur le front et la joue gauche. La mèche de cheveux et le nez ont été dégagés en retirant un peu d'argile, d'un geste qu'on devine sûr et rapide. Il est à la fois instructif et émouvant d’observer ainsi la fabrique de l’œuvre.

Camille Claudel réalise cette ébauche au moment où elle commence à travailler dans l’atelier d'Auguste Rodin. Elle a pu être rapprochée de certaines figures de La Porte de l’Enfer auxquelles celui-ci travaillait alors, ce qui conduit à la dater autour de 1885. A cette période, les deux artistes sont dans une intense communion stylistique et leur manière est tellement proche qu’un doute peut subsister sur l’attribution de la sculpture, comme pour toutes celles qui ne sont pas signées. L’attitude bras croisés et les outils utilisés pour le modelage rapprochent l’esquisse de Claudel d’une œuvre plus tardive de Rodin, son Monument à Balzac et en particulier l’étude dite Étude C. Cependant, le léger déséquilibre des bras entrelacés et la manière dont la silhouette semble se retrancher en elle-même est en adéquation avec les recherches et la sensibilité de Claudel, qui trouvent leur pleine expression dans la Femme accroupie, réalisée à la même époque.

Pendentif arciforme

Pendentif arciforme Pendentif arciforme

Pendentif arciforme

Entre 1400 et 1200 avant notre ère L. 17 cm • l. 3,4 cm Origine : Fouilles programmées à La Saulsotte-Le Bois Pot-de-Vin, 1993 N° d'inventaire : 2013.0.23.27.1 Copyright : musée Camille Claudel / Robert Moleda


Objet non exposé.

Les pendentifs arciformes étaient des parures de prestige, constituées d’une canine de suidé (cochon domestique ou sauvage) enchâssée dans une résille en bronze. Au total, douze exemplaires de ce type d’objet sont connus dont huit, provenant de la nécropole de Barbuise-La Saulsotte, sont conservés au musée de Nogent-sur-Seine. Deux d’entre eux sont en très bon état. Trois exemplaires ont été découverts dans les vallées de la Seine et de l’Yonne, un seul en Allemagne. 

Cet objet est composé d’une structure faite de fils de bronze minutieusement torsadés qui enserrent la canine. Des anneaux complètent l'ensemble. Des amas brunâtres sur la face intérieure du pendentif permettent de supposer qu’il était fixé à une ceinture en cuir. Il faut imaginer que le bronze présentait à l’origine une teinte brillante proche de l’or. Sa résistance lui conférait une valeur importante, particulièrement à l’époque de la création de cet objet : l’Âge du Bronze. 

Il a été mis au jour en 1993 dans une tombe multiple au lieu-dit Le Bois Pot de Vin dans la commune de La Saulsotte située à 8 kilomètres de Nogent-sur-Seine. Un rapport très fort aux ancêtres a pu être démontré dans cette nécropole. Certains individus se démarquent par la présence d’objets particuliers comme ce pendentif, d’autres présentent des indices liés à des pratiques rituelles : réouverture des tombes et prélèvements ou dépôts d’ossements ou d’objets. 

Les pendentifs arciformes ont essentiellement été trouvés en contexte funéraire. Ils ornaient la taille de femmes qui étaient probablement membres des élites locales. La signification exacte des pendentifs arciformes demeure inconnue mais il pourrait s’agir d’attributs liés à une fonction sociale ou cultuelle qui persiste au-delà de la mort, leur permettant d’assurer un rôle protecteur.

 

Torse de Clotho chauve

Torse de Clotho chauve Torse de Clotho chauve Torse de Clotho chauve

Torse de Clotho chauve

vers 1893 H. 41 cm • L. 20 cm • Pr. 15 cm Origine : Achat à Reine-Marie Paris en 2008 N° d'inventaire : 2010.4.4 Copyright : musée Camille Claudel / Marco Illuminati

Fonte Claude Valsuani, n°3/8, après 1984 - Inscription : "C. Claudel / Fonte C. Valsuani 3/8"


Dans la mythologie grecque, les Moires sont trois sœurs présidant à la destinée humaine, symbolisée par un fil : la plus jeune, Clotho le file, Lachésis le dévide et Atropos le coupe. Or, Camille Claudel représente ici Clotho comme une vieille femme décharnée, à la peau flétrie et tombante, dont le visage creusé aux orbites presque vides tient plutôt de la tête de mort… Elle condense la triade mythologique en un seul personnage. Camille Claudel reprend ici des thèmes qui lui sont chers, la destinée humaine et la vieillesse.

Ce buste de Clotho chauve est probablement une étude pour une figure présentée en 1893 au Salon : Claudel expose une version en plâtre de Clotho, en pied. La vieille femme est emprisonnée dans une épaisse chevelure, qui forme une résille masquant le haut du visage, et dont le poids semble la paralyser. On peut penser que l’artiste fait de ces épais cheveux une image du fil de la destinée. Cette œuvre fait une forte impression aux critiques d’art, qui consacrent Camille Claudel comme une des grandes sculptrices de son temps. Mathias Morhardt organise une souscription pour offrir une version en marbre de Clotho au musée du Luxembourg, mais l’œuvre est refusée par le musée puis disparaît mystérieusement.

La sculptrice a probablement pris pour modèle Maria Caira, modèle italien ayant aussi posé pour Auguste Rodin et Jules Desbois. Elle partage ainsi avec d’autres sculpteurs une réflexion offrant un nouveau regard sur la vieillesse : nulle idéalisation, elle insiste au contraire sur l’horreur que peut susciter ce corps flétri par l’âge, tout en lui donnant une grande dignité.

Voir aussi dans les collections :

Hébé

Hébé Hébé Hébé

Hébé

Vers 1869 H. 65 cm • L. 41 cm • Pr. 29 cm Origine : Achat 2006 N° d'inventaire : 2006.4 Copyright : musée Camille Claudel / Marco Illuminati


La jeune Hébé est assise entre les ailes à demi-déployées de Zeus métamorphosé en aigle. D’une main elle caresse la tête du rapace, tandis que de l’autre elle tient la coupe symbole de son rôle d’échanson auprès des dieux de l’Olympe. Fille de Zeus et d’Héra, Hébé est chargée de verser le nectar et l’ambroisie qui leur assurent l’immortalité. L’aigle arbore une attitude protectrice. Le jeu de regards et de sourires entre les deux protagonistes témoigne d’une certaine complicité mais aussi de sensualité. Jules Franceschi représente le moment où la déesse donne à boire à Zeus qui s’enivre avant de partir enlever Ganymède, jeune adolescent dont il est amoureux. Suite à ce rapt, c’est Ganymède qui remplacera Hébé comme échanson des dieux. Hébé personnifie la jeunesse éternelle et est souvent représentée sous les traits d’une douce jeune fille entre l’adolescence et l’âge adulte. Son nom évoque ainsi la beauté, la grâce, la fraîcheur juvénile. Ce thème est particulièrement apprécié par les sculpteurs du XIXe siècle car il permet d’associer le corps féminin, gracile et vulnérable, à la puissance et à la force de l’aigle.

Né à Bar-sur-Aube, Jules Franceschi débute sa carrière à Paris comme ouvrier employé pour la décoration des immeubles. Il se forme ensuite dans l’atelier de François Rude pendant une dizaine d’années. Cette œuvre est un hommage à son maître qui avait réalisé une Hébé en 1855, pour la ville de Dijon. Taillée en marbre de Carrare, la sculpture de Franceschi se caractérise par le contraste qui oppose le corps poli à l'extrême au traitement finement détaillé de la chevelure de la déesse et des plumes de l'aigle.

Hirondelle blessée

Hirondelle blessée Hirondelle blessée Hirondelle blessée

Hirondelle blessée

1898 H. 69 cm • l. 35 cm • Pr. 26 cm Origine : Achat avec la participation du FRAM Champagne-Ardenne en 1997 N° d'inventaire : 1997.3 Copyright : musée Camille Claudel / Marco Illuminati


Œuvre non exposée

Hirondelle blessée représente une jeune femme ailée, assise sur un rocher, qui tient sa cheville gauche. Le buste cambré ainsi que le regard tourné sur le côté exercent une torsion du corps qui flatte l’anatomie de la jeune femme. Alfred Boucher a réalisé un certain nombre de variations autour de cette figure, que l’on retrouve sous différents titres, en différents formats et matériaux. Il a produit avec Hirondelle blessée une allégorie sentimentale justifiant la représentation d’un nu féminin idéalisé. Souvent associée au printemps et à l’idée de renouvellement, sa femme hirondelle se présente vulnérable au regard des hommes. Une version en marbre de l’œuvre a été exposée au Salon de 1898 où elle a connu un immense succès. Le fondeur Susse en a édité deux versions en bronze : l’une montre l’allégorie assise sur un rocher, la seconde la montre assise sur un socle parallélépipédique.

Cette sculpture s’inscrit dans une série de nus délicats, sensuels mais sages, dont Boucher s’était fait une spécialité. Au XIXe siècle, l’enseignement à l’Ecole des beaux-arts offrait une place importante à la représentation du nu idéalisé. La pose tend à rappeler les photographies de modèles destinées aux artistes et donne au nu une dimension sensuelle. Le corps parfait de la jeune femme reflète le bon goût qui caractérise la sculpture décorative que la bourgeoisie aimait avoir dans son intérieur.

Pointe de flèche

Pointe de flèche Pointe de flèche Pointe de flèche

Pointe de flèche

L. 2 cm • l. 2 cm • E. 0,4 cm Origine : Fouilles de sauvetage 1970-1971 N° d'inventaire : 2013.0.18.6.33.10 Copyright : Musée Camille Claudel / Jacques Piette


Objet non exposé

Cette petite pointe de flèche a été mise au jour sur le site de Barbuise-Courtavant, identifié comme un camp retranché du Néolithique moyen (-3500/-3000), c’est-à-dire une zone d’habitat protégée par des fossés et des palissades en bois. L’abondance du mobilier lithique retrouvé (ensemble des artefacts en pierre) a permis de formuler l’hypothèse de la présence d’un atelier de taille du silex. Le matériau utilisé est un silex noir, caractéristique du Nogentais, qui est devenu blanc avec le temps.

Cette pointe de flèche est l’unique pièce d’armement trouvée sur ce site. Elle était fixée sur une hampe en bois qui s’est décomposée avec le temps. Le reste du mobilier est essentiellement composé d’outils sur éclats divers. Les sociétés préhistoriques fabriquant les outils et les armes dont ils avaient besoin, hommes et femmes devaient maîtriser différentes techniques de taille. Dans le cas présent, réaliser cette flèche mesurant moins de 2 cm nécessitait une certaine expérience. Elle a été façonnée par enlèvement de minces couches de matière, afin d’obtenir un objet très fin.

Au Néolithique, l’arc et la flèche servaient essentiellement à la chasse et, si nécessaire, à la guerre. Sur le site de Barbuise, plus de 400 restes d’animaux ont été mis au jour. Les animaux domestiques comme le bœuf et le porc sont les animaux les plus représentés, cependant, la présence de restes de cerf, de chevreuil et peut-être même de sanglier indiquent que la chasse demeurait une source complémentaire de nourriture.

Les aventures de Mouseîon

Les aventures de Mouseîon



Découvrez le musée avec Mouseîon.


Mouseîon est le modèle de l'atelier pédagogique, il pose habituellement pour les enfants, les familles et les élèves.

Jeunes et moins jeunes, si vous avez gardé une âme d'enfant, venez faire la connaissance de Mouseîon sur sa page facebook :

https://www.facebook.com/Mouse%C3%AEon-mus%C3%A9e-Camille-Claudel-111763550671373

Vous découvrirez avec lui les collections du musée, des œuvres des expositions temporaires, ainsi que les réalisations de participants  à des ateliers organisés par le musée.