Camille Claudel à l’œuvre : Sakountala
Exposition temporaire

À l’occasion des 160 ans de la naissance de Camille Claudel, le musée met à l’honneur l’artiste à travers l’une de ses œuvres majeures : Sakountala. Cette sculpture, la seule qui lui ait valu une récompense au Salon, est un fil permettant de retracer la carrière de l’artiste, en s’appuyant notamment sur les variations qu’elle en a proposées, sous différents titres et en divers formats et matériaux : de L’Abandon à Niobide blessée en passant par Vertumne et Pomone.
L’exposition revient sur la patiente élaboration de l’œuvre et l’histoire mouvementée de sa réception ainsi que sur le choix de ce mythe issu de la littérature indienne ancienne, en vogue au XIXe siècle, qui fait toute la force et l’originalité de Sakountala.
Bénéficiant de prêts exceptionnels du musée Rodin, de la Bibliothèque nationale de France et du musée d’Orsay, cette exposition a reçu le label « Exposition d'intérêt national » du ministère de la Culture.
Affiche : Agence Drôles d'oiseaux
Informations pratiques
Lieu : Horaires & Tarifs :Jusqu'au 31 octobre, ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Du 2 novembre au 4 janvier 2025, ouvert du mercredi au dimanche de 10h à 17h
Billet d’entrée collections permanentes et exposition temporaire :
Plein tarif : 10 euros
Tarif réduit : 6 euros (seniors de plus de 60 ans et titulaires d’une carte de famille nombreuse)
Gratuit pour les étudiants et les moins de 26 ans, les titulaires du Pass Education, d'une carte de presse, d’une carte du ministère de la Culture, d’une carte ICOM, les adhérents à la maison des artistes, les demandeurs d’emploi, les bénéficiaires du RSA ou du minimum vieillesse, les mutilés de guerre et accompagnateur, les visiteurs handicapés et accompagnateur
Jeune Romain
Jeune Romain
Paul Claudel (1868-1955), frère de l’artiste, écrivain et diplomate.
Camille Claudel vient probablement d’arriver à Paris lorsqu’elle modèle ce portrait de son frère Paul, alors âgé de 13 ans. Confident et fidèle compagnon de jeux, Paul est aussi son premier modèle et la personne qu'elle a le plus souvent représentée. Les lèvres serrées, le regard au loin, Paul affiche un air sérieux qui détonne avec son jeune âge, et le drapé qui entoure les épaules lui confère une certaine solennité.
Dès le début de sa carrière, Camille Claudel affirme son talent de portraitiste et sa capacité à saisir la psychologie du modèle. Elle conjugue ici toute la puissance évocatrice de l’Antiquité romaine, et surtout de la Renaissance florentine. En effet, malgré son titre, ce portrait évoque bien les bustes italiens de la première Renaissance italienne que Claudel a étudiés au musée du Louvre. La forme du buste reliquaire, c’est-à-dire coupé aux épaules, l’admirable étude du drapé, et même ici la bichromie sont des références directes à cette période. En cela, elle s’inscrit dans le mouvement néo-florentin de son époque, inspiré par la Renaissance italienne du XVe siècle : on peut y voir une probable influence de Paul Dubois, chef de file de ce mouvement. Cependant, Claudel demeure dans une veine naturaliste et une exploration psychologique qui lui sont propres.
Ce buste témoigne de l’affection mutuelle que se portent le frère et la sœur. Une vingtaine d'années plus tard, le buste de Paul Claudel à 37 ans redit cette relation intacte, ces échanges artistiques féconds entre le célèbre écrivain et la sculptrice.
Auguste Rodin
Auguste Rodin
Fonte Rudier, 1897-1898 - Caducée du Mercure de France gravé sous la signature C. Claudel
Pour l’unique portrait qu’elle a sculpté d’Auguste Rodin, Camille Claudel a adopté un style proche des œuvres de son aîné si bien qu’on le qualifie parfois « d’autoportrait par procuration ». La sculptrice a ainsi accentué le modelé pour accroître l’expressivité du visage, concentrant toute l’énergie dans le regard qui incarne la puissance créatrice du sculpteur. Extrêmement creusée, la barbe semble se transformer en rocher en partie basse, dans un motif plastique qui s’émancipe des conventions de la représentation. Cette liberté formelle est emblématique du style personnel de Claudel et évoque le traitement des chevelures dans d’autres compositions de sa main. C’est aussi l’une des images les plus saisissantes du maître qui a d’ailleurs souvent choisi ce buste pour le représenter dans ses expositions personnelles. Cet exemplaire compte parmi ceux qui ont été commandés à l’artiste par la revue Mercure de France. Or, on sait par sa correspondance que Claudel était contractuellement chargée d’en exécuter la ciselure. On y relève une manière très brute dans les coups de burin formant des sillons sur les tempes et le haut des joues pour donner encore plus de mouvement aux cheveux et à la barbe
Voir aussi dans les collections :
Célina
Célina
Lucienne Gillet expose Célina au Salon de la Société nationale des beaux-arts en 1902. Pour ce buste qui pourrait être le portrait de sa sœur, l’artiste fait le choix du portrait intimiste, où les traits délicats expriment le caractère simple du modèle. Le regard de cette jeune fille interpelle les visiteurs. Les lèvres de la bouche légèrement entrouverte semblent animer son visage.
On connaît peu de chose sur la sculptrice Lucienne Gillet. Ce manque d’informations témoigne de l’oubli des femmes artistes et notamment des sculptrices qui ont travaillé dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Pourtant les livrets des Salons attestent de l’augmentation du nombre de femmes artistes à cette période, en particulier dans les sections objets d’art et dessin. L’exemple de Camille Claudel et des artistes avec qui elle partageait son atelier rue Notre-Dame des Champs à Paris témoigne de cet engouement de jeunes femmes pour une carrière artistique.
Le buste a été acheté et offert au musée de Nogent-sur-Seine par le baron Alphonse de Rothschild. Très philanthropes, le Baron et la Baronne de Rothschild ont soutenu par leurs achats au Salon de jeune artistes, femmes ou hommes, ainsi que les musées de province auxquels ils ont offert les œuvres acquises. Camille Claudel a bénéficié de cette générosité, puisque certaines de ses sculptures sont entrées dans les collections publiques par l’intermédiaire de ces mécènes (musées de Châteauroux, Avignon, Clermont-Ferrand etc.).
Voir aussi dans les collections :
Week-end d’ouverture Camille Claudel à l’œuvre : Sakountala
Exposition temporaire

Visite de l’exposition « Camille Claudel à l’œuvre : Sakountala »
Samedi 14 septembre à 15h, avec Cécile Bertran, commissaire de l’exposition. À seulement 23 ans, Camille Claudel réalise un de ses chefs-d’œuvre : Sakountala. Parcourez l’histoire mouvementée de cette œuvre inspirée d’un mythe hindou au fil d’un parcours mêlant sculptures, peintures, photographies, dessins mais aussi manuscrits, maquettes et costumes de théâtre.
- Tarifs : 4 € en plus du billet d’entrée au musée
- Durée : 1h
Initiation aux danses Bollywood
Dimanche 15 septembre à 14h30 et 16h30, avec Megha Jagawat de la Compagnie Triwat. C’est une histoire d’amour, d’oubli et de retrouvailles entre un roi et une femme qui vit dans la forêt… Enfants et adultes partent à la découverte du mythe indien de Sakountala et s’initient à la gestuelle des danses Bollywood !
- Tarifs : 6 € tarif plein / 4 € pour les personnes qui bénéficient de la gratuité du musée
- Durée : 1h
- Dès 6 ans
Camille Claudel, L'Abandon, vers 1886, bronze © Marco Illuminati
Informations pratiques
Lieu : Horaires & Tarifs :
Réservation conseillée :
03 25 24 76 34
reservation@museecamilleclaudel.fr
L’Implorante ou Le Dieu envolé
L’Implorante ou Le Dieu envolé
Ce plâtre patiné est un jalon dans l’élaboration de L’ Âge mûr, situé entre Le Dieu envolé attesté en 1894 (aujourd’hui perdu) et L’Implorante du groupe exposé en 1899. On y reconnaît le traitement subtil de l’anatomie de l’œuvre finale, les os et les tendons saillants, le ventre arrondi, mais les formes sont plus douces. Le très beau mouvement de L’Implorante est déjà trouvé : le genou droit est avancé et la torsion du corps se prolonge dans l’inclinaison de la tête. Cependant, le torse est encore droit, les bras tendus à la verticale. Claudel n’a pas encore incliné sa figure pour l’intégrer dans la diagonale qui structure le groupe. Malheureusement lacunaires en raison des dégradations subies par l’œuvre avant sa redécouverte en 1986, les mèches de cheveux s’enroulant autour du bras évoquent les chevelures fantastiques d’autres œuvres de l’artiste, Clotho, La Petite Châtelaine de Roubaix ou Tête d’Hamadryade.
Voir aussi dans les collections :
Sculpture et chocolat
Happy Hour

avec la Patàtartinerie (Sainte-Savine)
Tout comme une sculpture, le chocolat nécessite un long travail de préparation… Après avoir exploré le processus de création en sculpture, depuis l’esquisse en argile jusqu’à l’œuvre finale en marbre ou en bronze, découvrez le travail du chocolat en « bean-to-bar » (de la fève à la tablette) et dégustez quelques pâtes à tartiner produites dans l’Aube.
Paul Dubois, Esquisses en cire pour Le Souvenir, avant 1899, Cire, papier et tissus © Carol Bell
Informations pratiques
Lieu : Horaires & Tarifs :Alfred Boucher, de l'atelier au musée
Visite commentée

Qui était Alfred Boucher ? Pourquoi a-t-il rencontré un grand succès en son temps ? Quelles œuvres a-t-il collectionnées ? Cette visite entraîne les participants à la (re)découverte de ce sculpteur majeur du XIXᵉ siècle et de sa collection personnelle, à l’origine du premier musée de Nogent-sur-Seine.
© Atelier JBL
Informations pratiques
Lieu :10 rue Gustave Flaubert
10400 Nogent-sur-Seine
Durée : 1h
Tarif : 4 € par participant en plus du billet d'entrée
Réservation conseillée :
03 25 24 76 34
Petite Enfance
Vous êtes une structure dédiée à la Petite Enfance ou une famille avec des tout-petits et vous souhaitez venir au musée Camille Claudel ?
Des visites guidées adaptées pour les plus petits vous sont proposées tout au long de l’année, sur réservation pour les groupes et depuis l’agenda du musée pour les publics individuels.
Pour votre confort, les poussettes et les porte-bébés sont autorisés dans toutes les salles du musée. Des poussettes-cannes peuvent également être prêtées sur demande à l’accueil.
Des ascenseurs vous permettent d’accéder aux différents étages.
Des tables à langer sont disponibles aux niveaux -1 et +2.
Première Pensée d'amour
Première Pensée d'amour
Une adolescente au corps gracile observe un couple de colombes représenté à ses pieds. Son attitude et son expression pensives font écho au titre de l’œuvre pour suggérer que les animaux reflètent les premiers émois de la jeune fille. La présence des animaux mais aussi celle des fleurs, soigneusement représentées sur la terrasse et en couronne dans les cheveux, créent une proximité avec la nature qui contribue à placer les sentiments de la jeune fille dans le registre de l’innocence. La pose et le drapé roulé sur les hanches reprennent les codes néoclassiques, mais ceux-ci sont vidés de leur référence mythologique. La grâce et la délicatesse de la figure rappellent en particulier les sculptures d’Antonio Canova. Marius Ramus a perpétué le style néoclassique tard au XIXe siècle, y compris à la fin de sa carrière alors qu’il était installé à Nogent-sur-Seine, ville d’origine de son épouse. Il a joué un rôle essentiel dans la création d’une lignée de sculpteurs nogentais ; il a notamment été à l’origine de la vocation du jeune Alfred Boucher qu’il a pris sous son aile avant qu’il ne parte se former à Paris.